Citations


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Sous le soleil du matin un grand bonheur se balance dans l'espace" Camus - Noces à Tipasa

"Demain, je surprendrai l'aube rouge sur les tamaris mouillés de rosée saline, sur les faux bambous qui retiennent à la pointe de chaque lance bleue, une perle." Colette . La Naissance du JourDé

"Déjà mon reflet d'arbre planté devant moi
L'image de ma vie entre ciel et terre;
le tronc qui va profond, les rameaux coupés courts,
le double geste des branches dures qui veut être
un désir d'embrasser le ciel;
0 mes bras trop courts envieux des oiseaux."

Mas-Felipe Delavouet, Pouèmo I
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dimanche 6 juillet 2014

Débarcadères


Marseille

Marseille sortie de la mer, avec ses poissons de roche,
     ses coquillages et l'iode,
et ses mâts en pleine ville qui disputent les passants,
Ses tramways avec leurs pattes de crustacés sont
   luisants d'eau marine,
Le beau rendez-vous de vivants qui lèvent le bras
    comme pour se partager le ciel,
Et les cafés enfantent sur le trottoir hommes et femmes
    de maintenant avec leurs yeux de phosphore,
Leurs verres,leurs tasses, leurs seaux à glace et leurs
    alcools,
Et cela fait un bruit de pieds et de chaises frétillantes.
Ici le soleil pense tout haut, c'est une grande lumière
     qui se mêle à la conversation,
Et réjouit la gorge des femmes comme celle des
     torrents dans la montagne,
Il prend les nouveaux venus à partie, les bouscule un
peu dans la rue,
Et les pousse dans un mot du côté des jolies filles.
Et la lune est un singe échappé au baluchon d'un marin
Qui vous regarde à travers les barreaux légers de la
nuit.
Marseille, écoute-moi, je t'en prie, sois attentive,
Je voudrais te prendre dans un coin, te parler avec
douceur,
Reste donc un peu tranquille que nous nous regardions
un peu
O toi toujours en partance
Et qui ne peux t'en aller,

A cause de toutes ces ancres qui te mordillent sous la mer.

                                                Jules Supervielle - Débarcadères 1927













Marseille, Rimbaud dernière escale….

"Marseille, 9 novembre 1891

Monsieur le Directeur,

Je viens vous demander si je n'ai rien laissé à votre compte. Je désire changer aujourd'hui de ce service-ci, dont je ne connais même pas le nom, mais en tout cas que ce soit le service d'Aphinar. Tous ces services sont là partout, et moi, impotent, malheureux, je ne peux rien trouver, le premier chien dans la rue vous dira cela.

  Envoyez-moi donc le prix des services d'Aphinar à Suez. Je suis complètement paralysé : donc je désire me trouver de bonne heure à bord. Dites-moi à quelle heure je dois être transporté à bord…"


                                                        Hôpital de la Conception
                                                        Rimbaud au Directeur des Messageries Maritimes


"le  piéton à semelles de vent " collage dessin. 
"Eveillé, il achève sa vie dans une sorte de rêve continuel: il dit des choses bizarres très doucement, d'une voix qui m'enchanterait si elle ne me perçait le coeur. Ce qu'il dit, ce sot des rêves, - pourtant ce n'est pas la même chose du tout que quand il avait la fièvre. On dirait, et je crois, qu'il le fait exprès.
(…)
Quelquefois il demande aux médecins si eux voient les choses extraordinaires qu'il aperçoit et il leur parle et leur raconte avec douceur, en termes que je ne saurais rendre, ses impressions; les médecins le regardent dans les yeux, ces beaux yeux qui n'ont jamais été si beaux et plus intelligents, et se disent entre eux :"C'est singulier."
Il reconnaît tout le monde. Moi, il m'appelle parfois Djami, mais je sais que c'est parce qu'il le veut, et que cela rentre dans son rêve voulu ainsi; au reste, il même tout et… avec art. Nous sommes au Harar, nous partons toujours pour Aden, et il faut chercher des chameaux, organiser une caravane; il marche très facilement avec la nouvelle jambe articulée, nous faisons quelques tours de promenade sur de beaux mulets richement harnachés; puis il faut travailler, tenir les écritures, faire des lettres. Vite, vite, on nous attend, fermons les valises et partons. Pourquoi, l'a-t-on laissé dormir? Pourquoi ne l'aidé-je pas à s'habiller? Que dira-t-on si nous n'arrivons pas au jour dit?"…..
       Marseille, mercredi 28 octobre 1891 (lettre d'Isabelle Rimbaud à sa mère)


panneau sur le Bat A de l'hôpital de la Conception à Marseille



De la place Castellane et son obélisque rayonnent ne grandes avenues et boulevard, dont le Boulevard Baille qui mène vers les grands hôpitaux de Marseille, La Timone, et la Conception où mourut Rimbaud. Et cela pince le coeur de penser que c'est précisément dans cette ville où il s'était embarqué une première fois, qu'il est revenu pour mourir avec dans la tête toujours des rêves de départ.


"J'ai tendu des cordes de clocher à clocher
des guirlandes de fenêtre à fenêtre
des chaînes d'or d'étoile à étoile

ET JE DANSE

              (illumination)

Il me plait de penser que c'est à Marseille que son esprit, son âme poétique s'est envolée, telle une mouette vers le grand large, îvre de liberté, et non à Charleville Mézières où son corps seul est enseveli.

                       
le fort saint Jean et le palais du Pharo


le Belem et le port s'éloignent, temps maussade

vue des iles du Frioul depuis Notre Dame de la Garde

le Belem quitte le port

place Castellane


Lieux : Le MuCem




Impatients, nous l'étions évidemment, de visiter le Mucem, ce nouveau musée en dentelle de Béton,  œuvre de Rudy Ricciotti. Et si nous avons été un peu déconcertés et pas très convaincus par le parti pris  thématique et non chronologique, de la présentation des collections, au demeurant très belles , nous avons été conquis par le bâtiment, par les murs moucharabiehs étonnants, où ombre et lumière jouent amoureusement,  par la spirale des cursives, qui multiplie les points de vue sur la mer, le Pharo, La Major

étrange vaisseau à l'ancre dans cette méditerranée qu'il exalte. 


La major et le toit du MuCem




 




Lieu de contemplation, de promenade, de rêverie .

Les transats et fauteuils installés face à la baie, sur le deck, renforcent l'assimilation au pont d'un  paquebot, en partance vers d'autres rivages, vers ces villes du Sud, dont Marseille est la sœur :
Alger la Blanche, Tunis, Cagliari, Essaouira...

"    Mais ô mon cœur entends le chant des matelots!" (Mallarmé)
   
L'Orient nous appelle...



vendredi 4 juillet 2014

Escapade à Marseille

Piétons de Marseille,



c'est ce que nous fûmes ces quatre jours, malgré le passcity très pratique qui pour 72 heures nous donnait accès aux principaux musées et aux transports:  tramway, bus, métro, navette maritime, petit train touristique. 
Mais marcher dans Marseille est un plaisir qu'il ne faut pas bouder. 
Le "Studio Perché"que nous avions réservé à "Maisons de Marseille" était parfait. 

Situé idéalement à deux pas de la Canebière et du vieux port il nous a permis de profiter au maximum de l'ambiance pittoresque et cosmopolite de ces lieux. 


37 RUE SÉNAC DE MEILLAN (Maisons de Marseille)

Le bel escalier provençal

le Patio où l'on peut de délasser le soir ou faire une partie de pétanque

le studio perché

A room with a view
Au coeur de la ville, nous avons dormi les fameuses " trois fenêtres" des appartements marseillais grandes ouvertes;  pas un bruit sinon, au petit matin, les mouettes  et le dimanche les cloches de l'église des Réformés.  Une vue pittoresque et colorées sur le patio et les vieux immeubles avec terrasses, où la lessive sèche à la brise. Pas de cris, pas de bruits de télé, un calme stupéfiant dans une si grande ville. 

Le studio est très bien équipé, réfrigérateur, lave-vaisselle, machine à café express, grille pain, etc..
meubles design très confortables, salle de bain avec douche italienne, tout est parfaitement conçu. Et l'accueil vraiment très agréable tout en restant discret. Ce sera notre point de chute à Marseille, et l'on de peut trouver chute plus aérienne. 



Et l'heure passée dans les embouteillages à l'entrée de Marseille fut vite oubliée. Un très substantiel apéritif nomade offert par la maison nous attendait dans la Kitchenette, un véritable apéritif dinatoire, avec rosé des coteaux d'Aix, plateau de jambon et rosette, plateau de délicieux fromages fermiers, pot de tapenade de Clermont l'Hérault, petits pains rustiques, croutons pour la tapenade. Un régal.

Nous sommes sortis à la nuit tombée ce premier soir pour respirer l'air marin et écouter battre le coeur  de Marseille. La Canebière était très animée, devant chaque café une foule de supporters enthousiastes
regardait la transmission du match Algérie-Russie. C'était très gai et contagieux. 
Nous avons fait le tour de vieux port illuminé, animé comme en plein jour, le Belem était à quai, les terrasses de café bondées, une brise très agréable rafraichissait les promeneurs nombreux, tout au bout du quai, des pêcheurs préparaient leurs cannes, un chat jouait à "catch me if you can" avec un chien. Ambiance.


le quai rive droite et l'église des Accoules



L'Abbaye Saint Victor

le fort Saint Nicolas





dimanche 6 avril 2014

Chateaubriand toujours….





"On peut à Venise se croire sur le tillac d'une superbe galère à l'ancre, sur le Bucentaure, où l'on vous donne une fête et du bord duquel vous apercevez à l'entour des choses admirables.
Mon auberge, l'hôtel de l'Europe, est placée à l'entrée du grand canal en face de la Douane de mer, de la Giudecca et de Saint-Georges-Majeur. Lorsqu'on remonte le canal entre les deux files de ses palais, si marqués de leurs siècles, si variés d'architecture; lorsqu'on se transporte sur la grand et la petite place, que l'on contemple la basilique et ses dômes, le palais des Doges, les Procuratie nuove  la Zecca, la Tour de l'Horloge, le beffroi de Saint-Marc, la colonne du Lion, tout cela mêlé aux voiles et aux mâts des vaisseaux, au mouvement de la foule et des gondoles, à l'azur du ciel et de la mer; les caprices d'un rêve, ou les jeux d'une imagination orientale, n'ont rien de plus fantastique."




"...Ces édifices surdorés, embellis à profusion par Giotto, Titien, Paul Véronèse, Tintoret, Vecellio,
Jérôme Campagna, Bellini, Verocchio, Leonardo, Lazzarini, les deux Palma, sont remplis de bronzes, de marbres, de granits, de porphyres, d'antiques précieuses, de manuscrits rares. Leur magie intérieure égale leur magie extérieure : et quand à la clarté suave qui les éclaire, on découvre les noms illustres et les nobles souvenirs attachés à leurs voûtes, on s'écrie avec Philippe de Comines : " C'est la plus triomphante cité que j'aie jamais vue!"

San Marco

Tiziano : Santa Lucia (Chiesa dei Santi Apostoli)

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Ponte dell'Accademia depuis la fondation Guggenheim

Voir Venise avec Chateaubriand

Hôtel de l'Europe, 10 septembre 1833

"Que ne puis-je m'enfermer dans cette ville en harmonie avec ma destinée, dans cette ville des poètes, où Dante, Pétrarque, Arioste, Tasse, Rousseau et Byron passèrent!
Que ne puis-je achever d'écrire mes Mémoires à la lueur du soleil qui tombe sur ces pages! L'astre brûle encore dans ce moment mes savanes Floridiennes et se couche ici à l'extrémité du grand Canal."



" Je ne le vois plus; mais à travers une clairière de cette solitude de palais, ses rayons frappent le globe de la Douane, les antennes des barques, les vergues des navires et le portail du couvent de Saint-Georges-Majeur. "






"La tour du monastère changée en colonne de rose, se réfléchit dans les vagues; la façade blanche de l'église est si fortement éclairée, que je distingue les plus petits détails du ciseau. Les enclôtures des magasins de la Giudecca, sont peints d'une lumière titienne; les gondoles du Canal et du port nagent dans la même lumière."


"Venise est là, assise sur le rivage de la mer, comme une belle femme qui va s'éteindre avec le jour :
le vent du soir soulève ses cheveux embaumés: elle meurt saluée par toutes les Grâces, et tous les sourires de la nature."

 Chateaubriand- MOT, 4ème partie, livre septième, 1

mercredi 26 mars 2014

Alla vite Dorata

"A la vigne dorée"


Tel est le nom du charmant petit hôtel que nous avons choisi sur la recommandation de notre amie Cathy. Il se situe dans le Cannaregio, tout au bout du Rio Terrà Barba Fruttarioli, et notre chambre donne sur le
Rio Santa Sofia. L'accueil est chaleureux, la chambre très agréable.


Mais de vignes, je n'ai vu nulle trace.

 C'est un quartier très calme, et très bien situé entre le Fondamenta Nuove et la Strada Nova qui va du pittoresque Campo dei SantiApostoli au Campo San Felice.

 Nous sommes à 10 minutes de la Ca'd'Oro et du Rialto, mais ici aucun groupe de chinois ou de japonais.



Du linge sèche sur une "altane" ces terrasses de bois typiquement vénitiennes construites
sur les toits.

vue de puis le ponton de notre hôtel où l'on peut se reposer après une journée d'explorations


De temps à autre passe une gondole, mais la majeure partie du trafic sur ce rio est celui des artisans et commerçants qui viennent approvisionner les petits magasins environnants. 




 La marchande de fruit du bout du Rio Terrà, à l'étal coloré
et la petite coop de la rue adjacente où s'approvisionnent les habitants du quartieret où les fraises sont savoureuses.
Au bout de la rue un kiosque à journaux, dans une ruelle un de ces bars
où les vénitiens aiment se retrouver autour d'un verre en fin d'après midi.
Mais dès 10 heures les rues sont désertes.  On dit le vénitien casanier.


A cinq minutes de l'auberge nous découvrons sur le campiello de la Madonna,  la maison où habita
et mourut Francesco Guardi, elle semble inhabitée: volets clos. Par-dessus un  haut mur de brique un jardin déborde, une porte plein cintrée a été murée. 


Nombreux sont les artistes ou hommes célèbres Vénitiens a être nés et avoir vécu dans ce "sestiere"
         
 de Venise ou vivent un tiers des vénitiens. Marco Polo, il Tintoretto (qui ne quitta Venise 
qu'une seule fois, vécut et mourut au Fondamenta dei Mori)…. sont nés dans le Cannaregio.