Citations


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Sous le soleil du matin un grand bonheur se balance dans l'espace" Camus - Noces à Tipasa

"Demain, je surprendrai l'aube rouge sur les tamaris mouillés de rosée saline, sur les faux bambous qui retiennent à la pointe de chaque lance bleue, une perle." Colette . La Naissance du JourDé

"Déjà mon reflet d'arbre planté devant moi
L'image de ma vie entre ciel et terre;
le tronc qui va profond, les rameaux coupés courts,
le double geste des branches dures qui veut être
un désir d'embrasser le ciel;
0 mes bras trop courts envieux des oiseaux."

Mas-Felipe Delavouet, Pouèmo I
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vendredi 4 juillet 2014

Escapade à Marseille

Piétons de Marseille,



c'est ce que nous fûmes ces quatre jours, malgré le passcity très pratique qui pour 72 heures nous donnait accès aux principaux musées et aux transports:  tramway, bus, métro, navette maritime, petit train touristique. 
Mais marcher dans Marseille est un plaisir qu'il ne faut pas bouder. 
Le "Studio Perché"que nous avions réservé à "Maisons de Marseille" était parfait. 

Situé idéalement à deux pas de la Canebière et du vieux port il nous a permis de profiter au maximum de l'ambiance pittoresque et cosmopolite de ces lieux. 


37 RUE SÉNAC DE MEILLAN (Maisons de Marseille)

Le bel escalier provençal

le Patio où l'on peut de délasser le soir ou faire une partie de pétanque

le studio perché

A room with a view
Au coeur de la ville, nous avons dormi les fameuses " trois fenêtres" des appartements marseillais grandes ouvertes;  pas un bruit sinon, au petit matin, les mouettes  et le dimanche les cloches de l'église des Réformés.  Une vue pittoresque et colorées sur le patio et les vieux immeubles avec terrasses, où la lessive sèche à la brise. Pas de cris, pas de bruits de télé, un calme stupéfiant dans une si grande ville. 

Le studio est très bien équipé, réfrigérateur, lave-vaisselle, machine à café express, grille pain, etc..
meubles design très confortables, salle de bain avec douche italienne, tout est parfaitement conçu. Et l'accueil vraiment très agréable tout en restant discret. Ce sera notre point de chute à Marseille, et l'on de peut trouver chute plus aérienne. 



Et l'heure passée dans les embouteillages à l'entrée de Marseille fut vite oubliée. Un très substantiel apéritif nomade offert par la maison nous attendait dans la Kitchenette, un véritable apéritif dinatoire, avec rosé des coteaux d'Aix, plateau de jambon et rosette, plateau de délicieux fromages fermiers, pot de tapenade de Clermont l'Hérault, petits pains rustiques, croutons pour la tapenade. Un régal.

Nous sommes sortis à la nuit tombée ce premier soir pour respirer l'air marin et écouter battre le coeur  de Marseille. La Canebière était très animée, devant chaque café une foule de supporters enthousiastes
regardait la transmission du match Algérie-Russie. C'était très gai et contagieux. 
Nous avons fait le tour de vieux port illuminé, animé comme en plein jour, le Belem était à quai, les terrasses de café bondées, une brise très agréable rafraichissait les promeneurs nombreux, tout au bout du quai, des pêcheurs préparaient leurs cannes, un chat jouait à "catch me if you can" avec un chien. Ambiance.


le quai rive droite et l'église des Accoules



L'Abbaye Saint Victor

le fort Saint Nicolas





dimanche 6 avril 2014

Chateaubriand toujours….





"On peut à Venise se croire sur le tillac d'une superbe galère à l'ancre, sur le Bucentaure, où l'on vous donne une fête et du bord duquel vous apercevez à l'entour des choses admirables.
Mon auberge, l'hôtel de l'Europe, est placée à l'entrée du grand canal en face de la Douane de mer, de la Giudecca et de Saint-Georges-Majeur. Lorsqu'on remonte le canal entre les deux files de ses palais, si marqués de leurs siècles, si variés d'architecture; lorsqu'on se transporte sur la grand et la petite place, que l'on contemple la basilique et ses dômes, le palais des Doges, les Procuratie nuove  la Zecca, la Tour de l'Horloge, le beffroi de Saint-Marc, la colonne du Lion, tout cela mêlé aux voiles et aux mâts des vaisseaux, au mouvement de la foule et des gondoles, à l'azur du ciel et de la mer; les caprices d'un rêve, ou les jeux d'une imagination orientale, n'ont rien de plus fantastique."




"...Ces édifices surdorés, embellis à profusion par Giotto, Titien, Paul Véronèse, Tintoret, Vecellio,
Jérôme Campagna, Bellini, Verocchio, Leonardo, Lazzarini, les deux Palma, sont remplis de bronzes, de marbres, de granits, de porphyres, d'antiques précieuses, de manuscrits rares. Leur magie intérieure égale leur magie extérieure : et quand à la clarté suave qui les éclaire, on découvre les noms illustres et les nobles souvenirs attachés à leurs voûtes, on s'écrie avec Philippe de Comines : " C'est la plus triomphante cité que j'aie jamais vue!"

San Marco

Tiziano : Santa Lucia (Chiesa dei Santi Apostoli)

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Ponte dell'Accademia depuis la fondation Guggenheim

Voir Venise avec Chateaubriand

Hôtel de l'Europe, 10 septembre 1833

"Que ne puis-je m'enfermer dans cette ville en harmonie avec ma destinée, dans cette ville des poètes, où Dante, Pétrarque, Arioste, Tasse, Rousseau et Byron passèrent!
Que ne puis-je achever d'écrire mes Mémoires à la lueur du soleil qui tombe sur ces pages! L'astre brûle encore dans ce moment mes savanes Floridiennes et se couche ici à l'extrémité du grand Canal."



" Je ne le vois plus; mais à travers une clairière de cette solitude de palais, ses rayons frappent le globe de la Douane, les antennes des barques, les vergues des navires et le portail du couvent de Saint-Georges-Majeur. "






"La tour du monastère changée en colonne de rose, se réfléchit dans les vagues; la façade blanche de l'église est si fortement éclairée, que je distingue les plus petits détails du ciseau. Les enclôtures des magasins de la Giudecca, sont peints d'une lumière titienne; les gondoles du Canal et du port nagent dans la même lumière."


"Venise est là, assise sur le rivage de la mer, comme une belle femme qui va s'éteindre avec le jour :
le vent du soir soulève ses cheveux embaumés: elle meurt saluée par toutes les Grâces, et tous les sourires de la nature."

 Chateaubriand- MOT, 4ème partie, livre septième, 1

mercredi 26 mars 2014

Alla vite Dorata

"A la vigne dorée"


Tel est le nom du charmant petit hôtel que nous avons choisi sur la recommandation de notre amie Cathy. Il se situe dans le Cannaregio, tout au bout du Rio Terrà Barba Fruttarioli, et notre chambre donne sur le
Rio Santa Sofia. L'accueil est chaleureux, la chambre très agréable.


Mais de vignes, je n'ai vu nulle trace.

 C'est un quartier très calme, et très bien situé entre le Fondamenta Nuove et la Strada Nova qui va du pittoresque Campo dei SantiApostoli au Campo San Felice.

 Nous sommes à 10 minutes de la Ca'd'Oro et du Rialto, mais ici aucun groupe de chinois ou de japonais.



Du linge sèche sur une "altane" ces terrasses de bois typiquement vénitiennes construites
sur les toits.

vue de puis le ponton de notre hôtel où l'on peut se reposer après une journée d'explorations


De temps à autre passe une gondole, mais la majeure partie du trafic sur ce rio est celui des artisans et commerçants qui viennent approvisionner les petits magasins environnants. 




 La marchande de fruit du bout du Rio Terrà, à l'étal coloré
et la petite coop de la rue adjacente où s'approvisionnent les habitants du quartieret où les fraises sont savoureuses.
Au bout de la rue un kiosque à journaux, dans une ruelle un de ces bars
où les vénitiens aiment se retrouver autour d'un verre en fin d'après midi.
Mais dès 10 heures les rues sont désertes.  On dit le vénitien casanier.


A cinq minutes de l'auberge nous découvrons sur le campiello de la Madonna,  la maison où habita
et mourut Francesco Guardi, elle semble inhabitée: volets clos. Par-dessus un  haut mur de brique un jardin déborde, une porte plein cintrée a été murée. 


Nombreux sont les artistes ou hommes célèbres Vénitiens a être nés et avoir vécu dans ce "sestiere"
         
 de Venise ou vivent un tiers des vénitiens. Marco Polo, il Tintoretto (qui ne quitta Venise 
qu'une seule fois, vécut et mourut au Fondamenta dei Mori)…. sont nés dans le Cannaregio.












dimanche 23 mars 2014

IMPRESSIONI VENEZIANE

Montaigne parcourait l'Europe à cheval, de l'Allemagne à l'Italie et visita Venise; Rousseau s'y rendit en grande partie à pied. De 1830 a 1834,  Chateaubriand, ambassadeur de la Duchesse de Berry auprès de Charles X,  en exil à Prague, pour faire reconnaître le droit du fils du Duc de Berry au trône de France, multiplia les allers retours de Paris à Prague, de Prague à Venise, en diligence, calèche et voiture de poste, passant par les Alpes, le Saint Gothard, Lugano, l'Allemagne....  Dans les Mémoires  d'Outre-Tombe, ses séjours à Venise et Prague donnent lieu à de somptueuses évocations. Ces pages m'ont fait rêver de Venise tout autant que celles de Proust, et que les tableaux de Francesco Guardi, du Canaletto, de Pietro Longhi… et de tant d'autres….
J'aurais aimé arriver à Venise par l'Orient Express, mais nous nous sommes contentés de l'avion qui nous transplante si rapidement d'un lieu à un autre, que cela abolit quelque peu le sens du réel. Pourtant, je n'ai pas rêvé. Il y a deux jours j'étais encore à Venise.
Court séjour, très dense, mais nous y reviendrons : ces quatre jours ne sont qu'un prélude… et nous les avons intensément vécus.
Ces grands voyageurs que furent Montaigne, Rousseau, Chateaubriand, avaient le temps de ressentir physiquement le voyage, dans leurs reins, leurs jambes, d'apprécier le moindre changement des paysages traversés. Nous survolons.... Et du moins cela a-t-il l'avantage de nous offrir quelques points de vue superbes si toutefois le temps est clair,  nous avons été chanceux.



toute la chaîne des Alpes est très visible de l'avion


                            



















juste avant l'atterrissage, pendant la descente et malgré la brume
Venise a la forme d'un grand poisson.
nous distinguons Venise, reliée à Mestre par un long cordon 
depuis la liaison ferroviaire et routière.

la Lagune scintille sous le soleil matinal, il est 9h30.



















                                                "O d'Italia dolente
                                                  Eterno Lume
                                                  Venezia!"
   

premiers pas à Venise

Ecco, essere a Venezia, IN VENEZIA.
Non cercare qualcosa da vedere, ma semplicemente essere qui, nel suo ventre d'acqua , sotto suo cielo
suonando di campane;
essere qui, in mezzo agli altri, ascoltare il rumore dei loro passi, ritrovare il brusio delle voci riflettute sul silenzio delle strade, dei campielli.
Sapevo tante cose…
Sapevo le gondole
Sapevo la Piazza
Il brulichio delle folle a San Marco
Sapevo i musei, le chiese adornate d' affreschi , i capolavori del Tiepolo, del Tintoretto, del Carpaccio...
Sapevo Guardi, Canaletto, Longhi,

Avevo letto affascinata le descrizioni di Chateaubriand, quelle di Proust, temevo di confrontare la Venezia attuale con quella che avevo sognata leggendole.

 Sapevo" l' Historia della mia fuga dalle prigioni della repubblica di Venezia dette "li Piombi" del Casanova"
Sapevo i rii, gli innumerevoli ponti
Tutto questo, mi sembrava l'aver già vissuto attraverso il cinema, i racconti degli altri, i documentari,
 Venezia l'avevo vista, l'avevo immaginata, e sopratutto l'avevo sognata…

Mi dicevo :  é forse meglio  rimanere colle immagine di James, Proust, Chateaubriand, la Venezia loro et cosi bella, non può essere più magnifica, quella mi basta.


Poi, un giorno, sono scesa dall'aereo, sono uscita dal bus, e, attraversando piccole strade, rii, ponti, sono arrivata, tremolando, sulla visione del Canale Grande… Questo polmone, questa arteria di Venezia.
Questo incredibile specchio d'acqua dove si riflettono i palazzi secolari….

Sono per sempre incantata.



à peine avons nous franchi le premier pont  après Piazzale Roma, la magie de Venise nous saisit, les façades rouges des maisons renforcent le vert des eaux des canaux.  
L'entrelac des rues, des ponts, des canaux nous enchante.


le premier gondolier que nous voyons, rieur, bavard.
                                                                                               


Nous savourons ces premières impressions de Venise, en venant à pied par de petites rues depuis 
Piazzale Roma, on longe des canaux presque déserts, des rii charmants un peu endormis, les pas résonnent sur les quais, on débouche sur des "campielli", placettes que l'on imagine retentir en été 
de cris d'enfants et des conversations entre habitants, l'absence de voiture de mobylettes, favorise la flânerie et le bavardage. 
On se perd un peu, revient sur ses pas, la carte repliée, sans envie de savoir vraiment si l'on est dans la bonne direction, quand le hasard vous fait découvrir un jardin secret débordant au-dessus d'un mur rouge, une terrasse, un campanile, une Venise intime et secrète. 
Sur un campiello, un jeune homme qui s'apprête à rentrer dans une maison,  vient à notre rencontre et nous demande gentiment où nous voulons aller, nous renseigne, il tient à la main un bocal, sorte de petit cabinet de curiosités maritimes : algues, escargots de mer, et un poisson.


Un peu plus tard c'est une jolie jeune fille qui nous renseigne sans qu'on ait demandé quoique ce soit, nous disant qu'elle adore la France et la langue française.
Les Vénitiens sont décidément charmants.






                                                                           

mercredi 26 février 2014




Dimanche de février :
une tourterelle se berce à la pointe du cèdre
la pluie a cessé
une brise agite le magnolia
son ombre danse dans la maison
tout est prémisse








"J'ai le délire dans la main.
Nous ne sommes plus seuls. Le temps est venu parmi nous.
Entends-le aux fissures de l'horloge,
Je parle de soleils et de destins.
Nous le saluerons avec des pierres et des brins d'herbe.

Nous nous souviendrons du temps de notre terre."
                                                                                         Jean Malrieu (Préface à l'Amour)